CO129-396 - Public Offices - 1912 — Page 129

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Les achats d'opium que la Régie indo-chinoise effectue chaque année au Yunnan interviennent, en effet, directement entre ses agents et les planteurs ou négociants de cette province, sans aucune participation du Gouvernement provincial. Ce trafic se trouve, d'ailleurs, réglé, d'une façon explicite, par la convention additionnelle entre la France et la Chine, signée à Pékin, le 26 juin, 1887-convention encore en vigueur.

Le Gouvernement français ne s'est, à aucun moment, interdit, depuis lors, d'opérer au Yunnan les achats destinés à satisfaire le goût spécial de certains consommateurs indo-chinois ou à compléter le stock nécessaire à la Régie indo-chinoise, et le Gouverne- ment chinois, à plusieurs reprises, a été lui-même amené à reconnaître que l'exportation d'opium brut vers l'Indo-Chine ne saurait être interdite aussi longtemps que le pavot est cultivé en Chine.

Le Gouvernement français est, au même degré que le Gouvernement anglais, désireux de prêter son concours à la lutte contre l'opinm; les résultats acquis en Indo-Chine en fournissent la preuve évidente, car la consommation de la drogue y est tombée en trois ans de 107,000 à 60,000 kilog. Cette diminution si rapide montre bien avec quelle résolution le Gouvernement de l'Indo-Chine s'est engagé dans la lutte contre l'opium, et, pour mesurer les sacrifices ainsi imposés à son budget, il y aurait lieu de tenir compte encore de la hausse considérable des prix qui s'est produite depuis quelques années sur l'opium brut, hausse qui a été entièrement supportée, sans compensation possible, par les pays consommateurs.

Mais, si le Gouvernement de l'Indo-Chine estime n'avoir pas été dépassé dans ses efforts pour limiter la consommation de l'opium, il ne saurait lui appartenir de modifier une situation de fait et de droit existant au delà de ses frontières; il ne saurait non plus interdire l'importation en Indo-Chine de l'opium du Yunnan lorsque, par suite de circonstances avérées, il n'est pas au pouvoir des autorités provinciales d'interdire la culture de l'opium, encore moins de réprimer la contrebande, qui ne manquerait pas de se produire, tout au détriment de la Régie indo-chinoise, si les marchés de la frontière ouverts par la convention de 1887 étaient arbitrairement fermés.

La restriction de la consommation de l'opium en Iudo-Chine et la surveillance très stricte exercée par la douane française sur la frontière sino-annamite ne peuvent apparaître que comme des mesures destinées à faciliter grandement la tâche des autorités provinciales au Yuunan.

La hausse extraordinaire des prix à Calcutta, encore signalée en mars dernier au Conseil législatif des Indes, n'est peut-être pas étrangère an malaise qui pèse actuellement sur le marché de l'opiam, en Chine comme ailleurs. Il est inutile de dire que, placée entre deux centres de production, la Régie de l'Indo-Chine n'hésiterait pas à s'approvisionner de préférence dans l'Inde anglaise si les prix y devenaient sensiblement égaux, ou tout au moins comparables à ceux du Yunnan.

C'est une préoccupation de cette nature, le désir de soustraire à l'influence d'une spéculation excessive un produit brut dont la vente fait l'objet d'un monopole dans la plupart des pays, qui avait sans doute inspiré, lors de la réunion de la conférence de l'opium de La Haye, les démarches ollicieuses de certains délégués; mais il ne semble pas que cos délégués aient reçu quelque encouragement à cet égard.

La question de la délimitation de l'exportation d'opium indien vers l'Indo-Chine aux quantités strictement requises par la Régie de cette colonie ne présente pas en elle-même un intérêt suffisant pour justifier un accord spécial. Cette question pourrait, toutefois, être envisagée au cas où le Gouvernement des Indes verrait la possibilité de conclure un accord particulier avec le Gouvernement de l'Indo-Chine pour l'approvisionnement direct de la Régie indo-chinoise dans des conditions écartant l'aléa excessif qui résulte actuellement de la spéculation exercée par les intermédiaires. Une certaine stabilisation des prix, à un taux normal, en faveur de l'Indo-Chine, peut seule assurer, en retour, la régularité de ses achats aux Indes.

Le Ministre des Affaires Étrangères ne peut enfin confirmer les informations communiquées par Sir Francis Bertie dans sa nouvelle note du 11 septembre que sous la forme énoncée au début même de la présente note, à savoir, que le Gouvernement de l'Indo-Chine n'envisage nullement la conclusion d'un accord spécial avec le Gouvernement provincial du Yunnan, mais que l'importation de l'opium du Yunnan en Indo-Chine, pour le compte de la Régie, reste toujours possible en conformité avec la Convention franco-chinoise de 1887.

M. Poincaré saisit, &c. Paris, le 14 septembre, 1912.

OPIUM.

CONFIDENTIAL.

[39834]

No. 1.

[September 2

SECTIE 1.32

REC

REG 21 OCT 12

Mr. Wingfield to Sir Edward Grey.-(Received September 23.) (No. 133. Confidential.) Sir,

Lisbon, September 16, 1912. IN continuation of my despatch No. 132 of the 6th instant, I have the honour to transmit herewith translation of a memorandum which has been privately communicated to me by Colonel Freire d'Andrade on the subject of the opium traffic at Macao. This memorandum admits "defective administrative action" at Macao, and proposes reforms which would include a reduction of the quantity imported to 840 chests, and still further in order to approximate the amount imported into Hong Kong, but asks whether the limit in the Hong Kong contract can be or has been exceeded, as the Portuguese Colonial Office are led to believe is possible under clause 2.

I have, &c.

(Translation.) (Private.)

Enclosure in No. 1.

CHARLES WINGFIELD.

Memorandum communicated to Mr. Wingfield.

To His Excellency the Director-General of Commercial and Consular Affairs,

IN continuation of the despatch from this department of the 24th August last and in reply to your Excellency's despatches of 6th July and 22nd August, I am instructed by his Excellency the Minister of the Colonies to inform you that a careful examination of the Macao opium question has given rise to the following observations and con- siderations. On the part of the British Government, it is stated that for local consumption and exportation from Macão 440 chests of opium are sufficient. On the part of the Governor of Macao, it is asserted that during the period of the previous contract (1903- 1909) the monthly average for local consumption was 53 chests and for exportation 153, At the amounting to 630 for local consumption and 1,830 for exportation per year. prosent moment, however, owing to the adoption of the restrictive measures taken in accordance with the resolutions of the Shanghai Conference, a large reduction took place both in the local consumption, which dropped to an average of 38 chests per mouth, and in the exports, which dropped to a monthly average of 61 chests, that is, 450 chests for consumption and 732 for exportation annually. In the meanwhile, the limit of the existing contract (1910-1913) was 20,000 "bolas" (500 chests) of opium for local consumption and 60,000 (1,500 chests) for exportation, with a successive annual reduction of 10 and 15 per cent. respectively. Notwithstanding the relative extent of the monopoly concession, it is, however, certain that the highest price offered, that at which adjudication was made, was 148,750 patacas (66:9373500 - 13,3881), whereas during the former period (1903-1909) the sum paid was 334,000 patacas (150: 300$000 30,060.). In the meantime, while the 1910 adjudication at Macao was for 148,750 patacas with a margin of 2,000 chests or 80,000 "bolas" at Hong Kong, with a limit of 900 chests or 36,000 "bolas," the revenue of the monopoly amounts to 1,200,000 patacas (540:000$000 108,000.). This Directorate-General cannot help recording the impression caused by such a flagrant contrast, and would be glad if it were possible to explain this by reasons other than those arising from the defective administrative action at Macao, in connection with this and other monopolies, in spite of the most persistent recommendations made in order that contracts and customs regulations should be strictly adhered to and observed, and especially for the purpose of preventing smuggling, so that our international engagements should be carried out. Directorate-General for the Colonies is naturally anxious to defend the interests of the Colouy of Macao by safeguarding its principal revenue, and while bearing this in mind, it recognises the fact that it is only fair and justifiable that the neighbouring Colony of Hong Kong should seek to guarantee and ensure its own revenues. Following this same

[2644 z—3]

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